Histoire de Yaoundé : Martin OMGBA ZING

Martin Ongbwa Zing

Martin OMGBA ZING

Père Fondateur du Tonnerre Kalara Club de Yaoundé (TKC) – (1912-1983)

D’après de nombreux témoignages, OMGBA ZING a été toute sa vie durant le modèle même du sportif tant dans sa vie privée que publique. Fils d’OMGBA NSI et petit frère d’André FOUDA, celui que les sportifs  camerounais avaient surnommé « Mal Type » serait parmi ceux qui ont donné à notre sport-roi ses lettres de noblesse par sa grande ouverture d’esprit et sa grande sportivité.

Dans les années 30, il fonde le Canon Kpa Kum avec MANGA BELIBI.

A cette époque, les équipes de Football, sport de détente par excellence, introduit  au Cameroun grâce au photographe togolais GUETHE qui tenait sa boutique en face d’Akwa Palace, n’étaient réservées qu’aux expatriés des deux grandes métropoles : Douala et Yaoundé.

Cette discrimination raciale sera brisée cependant un certain 14 juillet 1930 par le gouverneur qui organise une rencontre amicale entre les équipes de Douala et de Yaoundé. Ce haut fonctionnaire, soucieux du prestige d’asseoir Yaoundé comme capitale politique de la colonie, fait un panachage de l’équipe locale en y incluant certains indigènes dont un certain TOBIAS MIMBOE, Alias Bayard, ou « essuie glace » dont son petit-fils Emana rappelle étrangement le style aujourd’hui. L’équipe de Yaoundé remporte la victoire après avoir tant et si bien ridiculisé celle de la côte qu’il en coûta au héros du jour, Bayard, quelques jours d’emprisonnement pour motif d’avoir couvert de honte par ses dribles déroutants les Européens. Les feintes de corps de TOBIAS MIMBOE restent gravées à jamais dans la mémoire de tous ceux qui l’ont vu évoluer au stade de l’ancienne Présidence de la République : il planait littéralement sur les stades, se retournait après la feinte de corps et lâchait à l’adresse de son adversaire son cri de guerre : Bayard ! C’était le Milla Roger Albert d’Antan.

Omgba Zing et le Canon

Omgba Zing qui faisait aussi partie de l’expédition initiatique, fonde le 9 novembre 1930 à Mvog-Mbi dans la résidence de Yene Herman, le Canon sportif et est élu premier président du Club. Le nom de Canon avait été suggéré par la nature de cette arme qui avait fait  tant de victimes dans les rangs des Allemands en 1914-18.

A la suite de la victoire en coupe baptisée des Cigarettes nationales, le capitaine OMGBA ZING fait le tour des chefferies traditionnelles : Amougou Anaba à Mvog Manga chez les Banés, Ahanda Noah chers les Yanda, Ateba Ebe chez les Eton et ramene un pactole qu’il confisque à son seul profit, d’où son surnom de « Mal Type » que lui donna Bouli.

Le Tonnerre Kalara Club

Il claque donc la porte à la suite de cette brouille avec l’Equipe fanion de Mvog Mbi et fonde en novembre 1934, son Club à lui, le Tonnerre avec quelques éléments que la postérité footballistique camerounaise aurait tort d’oublier : Ndono René, Atangana Victor, Ada, Belibi Nku et autre Etoundi Linus…

Mais une nouvelle querelle surgit au sein de cette nouvelle formation qui voit le départ d’Ada et de Belibi Nku au Canon, tandis qu’Atangana Victor (ATAVIC), Ndono René et Etoundi Linus créent à leur tour l’Eclair qui deviendra plus tard Lion.

Dans son fief à Mvog-Ada, OMGBA ZING, Capitaine de son propre Club, ne recrute d’abord au sein de son équipe que les jeunes de la famille Mvog-Ada. C’est ainsi qu’on aura vu évoluer tour à tour Ada, Fouda, Engoudou, Ahanda, Essono Pascal dit le fou au sein du club, tous issus de la famille, après avoir reçu leur baptême de feu à l’emplacement de l’actuel Institut Samba.

OMGBA ZING  était  un attaquant de pointe véloce. Récupération de balle et rapidité d’exécution, alliées à une bonne condition physique étaient ses atouts majeurs, un attaquant de race comme on se plait à le dire aujourd’hui. Blessé au genou, après un match âprement disputé avec l’éternel « frère ennemi », le Canon, il se reconvertit dans l’arbitrage et l’on retiendra pour mémoire qu’OMGBA ZING aura été le premier « Nègre» à diriger une rencontre internationale avec une équipe de France au stade de l’Hippodrome. 

Incorruptible, à cheval sur les règles qui gouvernent  ce sport, OMGBA ZING n’hésitait pas un seul instant à requérir même contre son propre  Club le Tonnerre, la sanction suprême, le pénalty, si la faute était commise, à la limite seulement de la surface de vérité.

Bien d’hommes en noir devraient aujourd’hui s’inspirer de ce chevalier du sifflet lorsqu’on se rappelle qu’à l’époque, il fallait avoir des nerfs d’acier pour arbitrer un match opposant une équipe du Littoral à celle de Yaoundé, car dans les années 50, c’était une véritable guerre des tranchées.

Un certain Canon-Caïman en 1939 aura marqué l’époque par un score sans appel de deux buts à zéro, que les Béti entonnaient leur cri de guerre « Ze ene a bemba », la panthère dans la bergerie, le combat changea d’âme dans les dernières minutes avec le virevoltant « Mbassa de feintes », les Akwa boys égalisaient dans les toutes dernières minutes bien qu’on comptait dans les rangs du « Kpa Kum » le feu follet de l’époque, Bouli dit « je m’amuse » ! Le match se termina dans la confusion totale, les Béti, écorchés vifs provoquèrent une bagarre qu’on eut du mal à arrêter.

Témoignage de ETOUNDI ESSOMBA MANY, membre influent de Tonnerre

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