Le changement que nous attendons commence par les actions que nous posons. Les ténèbres reculent lorsque les hommes choisissent d’agir avec amour, justice et vérité.
Texte inspiré d’un Enseignement reçu au Centre de la Béatitude et de l’Excellence – la Foi par les Œuvres de Nkolbikogo – Monti
Le Cameroun est un pays riche de ses hommes et de ses femmes, de sa diversité culturelle, de ses traditions, de ses ressources et de ses valeurs de solidarité. Pourtant, notre société est confrontée à de nombreux maux : la corruption, la haine, les divisions, l’injustice, le tribalisme, l’égoïsme, la pauvreté, le découragement et l’indifférence face à la souffrance des autres.
Face à ces réalités, nous sommes nombreux à souhaiter un Cameroun meilleur. Nous prions pour la paix, nous demandons la justice, nous espérons des dirigeants exemplaires et nous voulons voir nos conditions de vie s’améliorer. Mais une question essentielle mérite d’être posée : que faisons-nous, chacun à notre niveau, pour chasser les ténèbres qui obscurcissent notre société ?
Car les ténèbres ne disparaissent pas simplement parce que nous les dénonçons. Elles reculent lorsque nous décidons d’agir contre elles.

1. La prière doit s’accompagner de l’action
Au Cameroun, la foi occupe une place importante dans la vie de nombreuses personnes. Dans nos églises, nos communautés et nos familles, nous prions pour la paix, la réussite, la santé, la prospérité et l’avenir de notre pays.
Mais si nous prions pour la justice tout en pratiquant l’injustice, si nous demandons l’honnêteté tout en participant à la corruption, si nous invoquons l’amour tout en entretenant la haine, nos actes finissent par contredire nos prières.
Nous ne pouvons pas demander à Dieu de transformer le Cameroun tout en refusant de transformer nos propres comportements.
Prier pour la paix, c’est aussi refuser d’attiser les conflits. Prier pour la justice, c’est aussi défendre celui qui est victime d’une injustice. Prier pour la prospérité, c’est aussi travailler honnêtement. Prier pour la solidarité, c’est aussi tendre la main à celui qui traverse des moments difficiles.
La prière nous élève, mais nos actions doivent traduire les valeurs que nous proclamons.
2. La plus grande prière, c’est l’amour mis en pratique
Dans notre société, nous parlons souvent de fraternité, de solidarité et de vivre-ensemble. Pourtant, combien de fois abandonnons-nous un compatriote parce qu’il ne partage pas notre origine, notre langue, notre religion ou nos opinions ?
Combien de fois refusons-nous d’aider une personne en difficulté alors que nous avons les moyens de le faire ? Combien de fois préférons-nous humilier celui qui a échoué plutôt que de l’aider à se relever ?
Aimer son prochain, ce n’est pas seulement lui adresser de belles paroles. C’est reconnaître sa dignité, respecter ses différences, défendre ses droits et contribuer à son épanouissement.
Au Cameroun, chasser les ténèbres, c’est refuser le tribalisme et considérer que chaque citoyen mérite le respect. C’est encourager le jeune qui cherche un emploi, soutenir l’entrepreneur qui se bat pour faire vivre son activité, accompagner l’enfant qui n’a pas les moyens de poursuivre ses études et assister la personne âgée qui vit dans la solitude.
La lumière ne se mesure pas au nombre de discours que nous prononçons, mais au bien que nous apportons autour de nous.
La plus grande prière, c’est l’amour. La plus grande force, c’est le bien. Et le bien commence par un geste concret.

3. Faire le bien sans attendre les applaudissements
Nous vivons dans une société où les actions sont parfois davantage valorisées lorsqu’elles sont visibles, médiatisées ou accompagnées de félicitations.
Certains donnent pour être admirés. D’autres aident pour obtenir une faveur. D’autres encore ne s’engagent que lorsqu’ils espèrent en tirer un avantage personnel.
Mais le véritable bien n’a pas toujours besoin de témoins.
Aider une famille en difficulté sans publier sa détresse sur les réseaux sociaux, défendre une personne injustement accusée sans attendre une récompense, restituer un objet perdu, refuser un pot-de-vin ou accomplir honnêtement son travail sont autant d’actions qui contribuent à assainir notre société.
Nous n’avons pas besoin d’être riches, célèbres ou puissants pour être utiles.
Un enseignant qui forme consciencieusement ses élèves, un commerçant qui refuse de tromper ses clients, un fonctionnaire qui traite les usagers avec respect, un conducteur qui protège la vie de ses passagers et un responsable qui gère les ressources qui lui sont confiées avec transparence participent tous à la construction d’un Cameroun meilleur.
La valeur d’une personne ne se résume pas à son statut social, à ses relations ou à ses richesses. Elle se révèle aussi dans sa manière de traiter les autres lorsque personne ne la regarde.

4. Nous dénonçons les problèmes, mais que faisons-nous pour les résoudre ?
Au Cameroun, nous savons dénoncer ce qui ne va pas. Nous critiquons les dirigeants, les administrations, les entreprises, les responsables religieux et les comportements de nos concitoyens.
Sur les réseaux sociaux, dans les réunions familiales, dans les bars et dans les espaces publics, les sujets de mécontentement ne manquent pas.
Mais après les critiques, quelles actions posons-nous ?
Nous dénonçons les routes sales, mais jetons-nous nos déchets dans les endroits appropriés ? Nous condamnons la corruption, mais refusons-nous les arrangements illégaux lorsqu’ils nous avantagent ? Nous réclamons des services publics de qualité, mais accomplissons-nous correctement les missions qui nous sont confiées ? Nous voulons que les jeunes trouvent du travail, mais faisons-nous quelque chose pour transmettre nos compétences, soutenir leurs initiatives ou créer des opportunités ?
Il serait injuste de faire porter aux citoyens ordinaires la responsabilité de tous les problèmes du pays. Les pouvoirs publics, les institutions, les entreprises et les différents responsables ont leurs obligations propres.
Cependant, reconnaître ces responsabilités ne doit pas nous conduire à abandonner les nôtres.
Nous ne pouvons pas tout changer seuls, mais chacun peut contribuer à changer quelque chose.
Le changement collectif commence lorsque les responsabilités sont assumées à tous les niveaux, du citoyen aux plus hautes institutions de la République.
5. Chasser les ténèbres, c’est refuser la corruption et l’injustice
La corruption ne se limite pas aux grandes affaires qui font la une des journaux. Elle peut également se manifester dans les petits arrangements du quotidien, lorsqu’une personne utilise une faveur pour contourner une règle, lorsqu’un agent réclame un paiement indu ou lorsqu’un individu détourne ce qui appartient à la collectivité.
À chaque fois que nous acceptons l’inacceptable au nom de nos intérêts personnels, nous contribuons à banaliser des pratiques qui fragilisent la confiance et le fonctionnement de notre société.
Chasser les ténèbres, c’est donc choisir l’intégrité même lorsque la malhonnêteté semble plus avantageuse.
C’est respecter les biens publics, refuser les discriminations, dénoncer les abus par des voies appropriées et défendre le droit de chacun à être traité équitablement.
Nous ne pouvons pas construire une nation solide si la réussite dépend davantage des relations personnelles que du mérite, si la confiance disparaît et si l’intérêt individuel passe systématiquement avant l’intérêt général.
Le Cameroun dont nous rêvons a besoin de citoyens responsables, mais aussi d’institutions justes, de dirigeants redevables de leurs actes et de mécanismes efficaces pour lutter contre les abus.
La lumière doit briller partout où se prennent les décisions et partout où s’exercent les responsabilités.

6. Combien de personnes éclairons-nous dans notre vie ?
Chacun de nous possède quelque chose qu’il peut partager : une connaissance, une compétence, une expérience, un contact utile, du temps, des moyens financiers ou simplement une oreille attentive.
Pourquoi garder ces richesses pour nous-mêmes lorsque nous pouvons les mettre au service des autres ?
Un professionnel peut former un jeune. Un entrepreneur peut accompagner un porteur de projet. Un enseignant peut encourager un élève en difficulté. Une personne expérimentée peut conseiller quelqu’un qui cherche sa voie. Une association peut organiser des actions de solidarité au bénéfice des populations vulnérables.
Dans nos quartiers, nos villages, nos familles et nos lieux de travail, les occasions d’agir ne manquent pas.
Il suffit parfois de peu pour changer le cours d’une vie : un conseil donné au bon moment, une petite aide financière, une recommandation professionnelle, un accompagnement ou une parole d’encouragement.
Nous attendons souvent que quelqu’un vienne nous sauver, alors que nous pouvons parfois devenir la réponse aux difficultés d’une autre personne.
Posons-nous sincèrement cette question : combien de personnes ont-elles vu leur vie s’améliorer grâce à notre présence ?
Notre passage sur terre ne devrait pas seulement se mesurer à ce que nous avons acquis, mais aussi à ce que nous avons apporté aux autres.
7. Le changement commence par nous-mêmes
Nous souhaitons voir disparaître la haine, mais savons-nous pardonner ? Nous voulons plus de respect, mais respectons-nous ceux qui sont différents de nous ? Nous demandons l’honnêteté, mais sommes-nous honnêtes dans nos propres affaires ? Nous exigeons la responsabilité des autres, mais assumons-nous nos erreurs ?
Il est toujours plus facile de désigner les coupables que d’examiner ses propres comportements.
Pourtant, la transformation de notre société exige aussi un travail personnel. Nous devons apprendre à reconnaître nos torts, à corriger nos habitudes et à renoncer aux pratiques qui nuisent aux autres.
Chasser les ténèbres de notre vie, c’est abandonner la médisance, la jalousie, la haine, le mensonge, l’égoïsme et le désir de voir échouer ceux qui réussissent.
Cela ne signifie pas fermer les yeux sur les injustices ou renoncer à dénoncer les abus. Au contraire, nous devons combattre le mal sans devenir nous-mêmes prisonniers de la haine.
Avant de demander à la société de changer, demandons-nous ce que nous sommes prêts à changer en nous-mêmes.
Le Cameroun ne deviendra pas meilleur uniquement parce que nous aurons remplacé certains responsables ou multiplié les discours. Il progressera durablement si nous construisons aussi une culture de responsabilité, d’intégrité, de solidarité et de respect de la dignité humaine.

8. Un Cameroun plus lumineux est une responsabilité collective
Notre pays a besoin de paix, de justice, de travail, de solidarité et d’espérance. Il a besoin de femmes et d’hommes capables de dépasser leurs intérêts personnels pour servir le bien commun.
Nous devons apprendre à nous écouter, à respecter nos différences et à rechercher des solutions plutôt qu’à entretenir les divisions.
La diversité du Cameroun ne doit pas être un prétexte à la méfiance. Elle peut devenir une force si nous acceptons de travailler ensemble malgré nos origines, nos langues, nos convictions et nos appartenances.
Nous devons également transmettre ces valeurs aux jeunes générations. Car le Cameroun de demain se prépare dans nos familles, nos écoles, nos entreprises, nos associations, nos communautés religieuses et nos institutions.
La paix ne se construit pas uniquement dans les discours officiels. Elle se prépare dans nos comportements quotidiens, dans notre capacité à dialoguer, à respecter la loi, à reconnaître les droits des autres et à refuser la violence.
Si chacun décide d’apporter sa contribution, aussi modeste soit-elle, les initiatives individuelles peuvent devenir une force collective.
Une seule lampe peut éclairer une pièce. Des milliers de lumières peuvent transformer tout un paysage.

EN CONCLUSION, ALLUMONS NOTRE LUMIÈRE !
Nous voulons un Cameroun où règnent la justice, la paix, la solidarité et la prospérité. Nous voulons une société dans laquelle le travail honnête est valorisé, où les plus vulnérables sont soutenus, où les différences sont respectées et où chacun peut espérer un avenir meilleur.
Mais ce Cameroun ne se construira pas uniquement avec nos souhaits.
Il se construira avec nos décisions, nos efforts, notre honnêteté et notre volonté d’agir.
Ne nous contentons plus de dénoncer les ténèbres : devenons des acteurs de lumière. Ne nous contentons plus de prier pour les autres : faisons aussi ce qui est en notre pouvoir pour les aider. Ne nous contentons plus d’attendre le changement : prenons notre part de responsabilité.
À celui qui possède des moyens financiers de soutenir une œuvre utile. À celui qui possède des connaissances de les transmettre. À celui qui détient une responsabilité de l’exercer avec justice. À celui qui a de l’influence de l’utiliser pour promouvoir le bien. Et à celui qui n’a presque rien, de ne jamais sous-estimer la valeur d’un geste de solidarité.
Le Cameroun n’a pas seulement besoin de personnes qui parlent de lumière. Il a besoin de personnes qui la font briller par leurs actions.
Commençons là où nous sommes, avec ce que nous avons et auprès de ceux que nous pouvons aider.
Que chacun de nous devienne une source de bénédiction pour son prochain. Que nos actes témoignent de nos convictions. Et que notre foi, lorsque nous la professons, se traduise par l’amour, la justice et le service des autres.

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