ÉDITORIAL

Changer les dirigeants ne suffira pas. Il faut changer les mentalités, les comportements et notre manière de gérer ce qui nous est confié.

Depuis des années, le mot « changement » revient dans les conversations des Camerounais. Changement politique, changement économique, changement social, changement de dirigeants… chacun y va de son analyse et de ses solutions.

Mais une question fondamentale est rarement posée :

Sommes-nous prêts, nous-mêmes, à changer ?

Car vouloir un nouveau Cameroun tout en conservant les mêmes comportements qui ont contribué à ses difficultés est une contradiction.

Le véritable changement ne consiste pas simplement à remplacer ceux qui dirigent. Il consiste à faire disparaître progressivement ce qui ne fonctionne pas et à faire grandir ce qui contribue au bien commun.

LE CAMEROUN N’A PAS SEULEMENT UN PROBLÈME DE DIRIGEANTS

Il serait facile de désigner les responsables.

Le président de la République ? Responsable.

Les ministres ? Responsables.

Les parlementaires ? Responsables.

Les maires ? Responsables.

Les fonctionnaires ? Responsables.

Les entrepreneurs ? Responsables.

Mais où commence et où s’arrête notre propre responsabilité ?

Car la société n’est pas constituée uniquement de ceux qui occupent les postes de pouvoir.

La société, c’est nous tous.

Celui qui abandonne ses déchets dans la rue participe à la dégradation de son environnement.

Celui qui refuse de faire correctement son travail contribue à l’inefficacité collective.

Celui qui exige un service sans respecter les règles entretient le désordre.

Celui qui corrompt et celui qui accepte la corruption participent tous deux au même système.

Celui qui détruit un bien public sans se sentir concerné oublie qu’il appartient à la collectivité.

Alors, avant de demander des comptes aux autres, ne devrions-nous pas également nous demander des comptes à nous-mêmes ?

NOUS SOMMES TOUS DES INTENDANTS

Il existe une notion qui mérite d’être remise au centre du débat : l’intendance.

Un intendant est celui à qui l’on confie la gestion d’un bien, d’une ressource ou d’une responsabilité.

Or, dans une société, nous sommes tous des intendants.

Le président est intendant des responsabilités que la nation lui a confiées.

Le ministre est intendant de son département.

Le maire est intendant de sa commune.

Le fonctionnaire est intendant de sa mission.

Le chef d’entreprise est intendant de son entreprise.

L’enseignant est intendant d’un savoir qu’il transmet.

Le parent est intendant de l’éducation de ses enfants.

Et le citoyen ordinaire est lui aussi intendant d’une partie du bien commun.

Personne n’est totalement en dehors de la gestion de la société.

Nous avons tous quelque chose entre les mains.

Une fonction.

Un métier.

Une entreprise.

Une famille.

Un talent.

Des connaissances.

Du temps.

Des ressources.

Une responsabilité.

La vraie question est donc simple :

Qu’est-ce que je fais de ce qui m’a été confié ?

LE PROBLÈME N’EST PAS TOUJOURS LE MANQUE DE RESSOURCES

Au Cameroun, nous avons souvent l’impression que nous n’avons jamais suffisamment de moyens.

Pas assez d’argent.

Pas assez de matériel.

Pas assez de personnel.

Pas assez d’infrastructures.

Pas assez d’opportunités.

Et cette réalité peut être vraie dans de nombreux domaines.

Mais une autre question dérangeante doit être posée :

Gérons-nous correctement ce que nous avons déjà ?

Car il est difficile de justifier le gaspillage du peu que l’on possède par le manque de beaucoup.

Une petite ressource bien gérée peut produire davantage.

Une petite entreprise bien organisée peut grandir.

Une petite exploitation agricole bien conduite peut devenir productive.

Un petit talent correctement développé peut devenir une véritable compétence.

La bonne gestion du peu prépare à la gestion du beaucoup.

NOUS VOULONS SOUVENT DES COMPTES À RENDRE AUX AUTRES

Nous sommes nombreux à demander que les dirigeants rendent des comptes.

C’est normal dans une société organisée.

Mais si nous voulons construire une véritable culture de responsabilité, il faut aller plus loin.

Nous devons également accepter de rendre des comptes sur notre propre gestion.

Le fonctionnaire doit pouvoir répondre de son travail.

L’entrepreneur de ses engagements.

L’enseignant de son enseignement.

Le parent de l’éducation de ses enfants.

Le citoyen de son comportement.

Le responsable associatif de la gestion qui lui est confiée.

Chacun selon ses capacités, chacun selon ses responsabilités.

Le problème commence lorsque nous exigeons des autres une rigueur que nous ne sommes pas prêts à appliquer à nous-mêmes.

AVANT DE DIRE « ILS GÈRENT MAL », DEMANDONS : « ET MOI ? »

C’est peut-être l’une des questions les plus difficiles à poser.

Et moi ?

Est-ce que je fais correctement mon travail ?

Est-ce que je respecte les biens publics ?

Est-ce que je respecte les autres ?

Est-ce que je développe réellement mes compétences ?

Est-ce que j’utilise mes talents pour quelque chose d’utile ?

Est-ce que je transmets quelque chose de positif à mes enfants ?

Est-ce que je gère correctement les ressources dont je dispose ?

Est-ce que je contribue réellement à l’amélioration de mon quartier, de mon entreprise, de mon village, de ma commune et de mon pays ?

Le changement commence précisément lorsque nous acceptons de nous poser ces questions.

LE VRAI CHANGEMENT, C’EST LA DISPARITION DU MAUVAIS

Il faut également redéfinir ce que nous appelons « changement ».

Changer ne signifie pas simplement remplacer une personne par une autre.

Le vrai changement, c’est lorsque la mauvaise pratique disparaît.

Lorsque la corruption recule.

Lorsque le favoritisme recule.

Lorsque l’incivisme recule.

Lorsque le gaspillage recule.

Lorsque l’incompétence recule.

Lorsque l’ignorance recule.

Et, en même temps, lorsque le travail progresse.

Lorsque la compétence progresse.

Lorsque l’honnêteté progresse.

Lorsque la connaissance progresse.

Lorsque la responsabilité progresse.

Lorsque la production progresse.

Le changement se mesure donc à ce qui disparaît, mais surtout à ce qui apparaît à la place.

LE PREMIER CHANGEMENT DOIT ÊTRE CELUI DES MENTALITÉS

Un pays peut changer ses lois.

Il peut construire de nouveaux bâtiments.

Il peut créer de nouvelles institutions.

Il peut changer ses dirigeants.

Mais si les mentalités restent les mêmes, les mêmes problèmes peuvent réapparaître sous d’autres formes.

C’est pourquoi le Cameroun a besoin d’une véritable prise de conscience collective.

Un peuple doit apprendre à se connaître.

Connaître son histoire.

Connaître ses richesses.

Connaître ses cultures.

Connaître ses ressources.

Connaître ses talents.

Connaître ses faiblesses.

Mais surtout, connaître ses responsabilités.

Un peuple qui se connaît mieux est mieux placé pour prendre son destin en main.

LA VÉRITABLE DÉLIVRANCE NE VIENDRA PAS UNIQUEMENT DES AUTRES

Nous avons parfois tendance à attendre la solution de l’extérieur.

Nous attendons le gouvernement.

Nous attendons les investisseurs.

Nous attendons les partenaires étrangers.

Nous attendons les politiques.

Nous attendons quelqu’un qui viendra résoudre nos problèmes.

Mais une nation ne peut durablement se construire dans l’attente.

La véritable délivrance commence par nous-mêmes.

Elle commence lorsque le citoyen comprend qu’il n’est pas seulement un bénéficiaire de la société, mais également un acteur de sa construction.

LE CAMEROUN QUE NOUS VOULONS DOIT COMMENCER À EXISTER AUJOURD’HUI

Nous voulons un Cameroun développé.

Mais sommes-nous prêts à développer nos compétences ?

Nous voulons un Cameroun propre.

Mais sommes-nous prêts à changer nos comportements ?

Nous voulons une administration efficace.

Mais sommes-nous prêts à faire correctement notre travail ?

Nous voulons des dirigeants responsables.

Mais sommes-nous nous-mêmes responsables de ce qui nous est confié ?

Nous voulons davantage de ressources.

Mais savons-nous gérer correctement celles que nous possédons déjà ?

Ces questions ne sont pas destinées à exonérer les dirigeants de leurs responsabilités. Au contraire, ceux qui détiennent le pouvoir et les ressources publiques doivent rendre des comptes.

Mais la responsabilité doit être partagée.

LE JOUR OÙ CHACUN FERA SA PART…

Le Cameroun changera véritablement lorsque la notion de responsabilité deviendra une valeur collective.

Lorsque chacun cessera de penser que le changement est uniquement l’affaire des autres.

Lorsque nous comprendrons que le pays commence là où nous sommes.

Dans notre famille.

Dans notre entreprise.

Dans notre école.

Dans notre administration.

Dans notre quartier.

Dans notre village.

Dans notre commune.

Le Cameroun est aussi la somme de nos petites décisions quotidiennes.

Le véritable changement ne sera donc pas seulement celui du sommet.

Il sera celui de la base.

Celui des mentalités.

Celui des comportements.

Celui de la connaissance.

Celui de la responsabilité.

Celui de la bonne gestion.

Car nous sommes tous des intendants.

Et la question que chacun devrait désormais se poser est peut-être la plus simple de toutes :

« Ce qui m’a été confié, est-ce que je le fais fructifier ou est-ce que je le gaspille ? »

Le vrai changement du Cameroun commencera le jour où chacun acceptera de répondre honnêtement à cette question.

Texte inspiré des Enseignements du

Centre de la Béatitude et de l’Excellence (CBE) – La Foi par les Oeuvres

Ongola.com

Chez ongola.com, nous luttons activement contre la désinformation en :

Depuis 1997, conscients de la rareté d’une information crédible sur le Cameroun sur internet, nous travaillons chaque jour pour documenter le pays, valoriser ses richesses et faciliter l’accès à l’information locale et nationale.

 découvrir le Cameroun autrement

Africains et diasporas

Ongola.com permet de mieux connaître le Cameroun, cette Afrique en miniature, à travers ses villes, ses opportunités et ses potentialités :

Bafoussam – Bamenda – Bertoua – Buea – Douala – Ebolawa – Garoua –
Kribi – Limbé – Maroua – Mbalmayo – NGaoundéré – Yaoundé

 une plateforme au service du public et des professionnels

Ongola.com est à la fois :

présence digitale

Nous sommes également présents sur facebook, afin de toucher un public encore plus large et faciliter l’accès à nos contenus.

ongola.com, c’est l’information fiable, vérifiée et utile pour mieux comprendre, découvrir et investir au Cameroun.