Éditorial, Ongola.com

Quand le silence prend fin, l’histoire se souvient. Texte inspiré d’un Enseignement reçu au Centre de la Béatitude et de l’Excellence – la Foi par les Œuvres de Nkolbikogo – Monti

L’histoire du Cameroun se trouve aussi dans la Bible…

Il existe des moments où une nation se tait.

Non pas parce qu’elle a oublié ; Non pas parce qu’elle ne voit plus.
Mais parce que le temps du silence est parfois le temps de la préparation.

Le Cameroun semble aujourd’hui entrer dans une nouvelle séquence de son histoire : celle du souvenir, de la reconnaissance et de l’honneur.

Une question mérite alors d’être posée : qui sont ces enfants que la Nation s’apprête à honorer ?

La réponse pourrait surprendre plus d’un : Esther 6 : quand le roi se souvient

La Bible raconte, dans le livre d’Esther, un épisode particulièrement puissant : une nuit, le roi ne parvient pas à dormir. Il fait alors consulter les annales du royaume.

Et soudain, une histoire oubliée revient à la mémoire.

Un homme avait accompli une action importante sans avoir reçu la récompense qui lui était due.

Le moment du souvenir était arrivé.

Cette histoire biblique nous rappelle une réalité universelle : il peut exister un temps entre l’action et la reconnaissance.

On peut être oublié pendant un moment sans être effacé de l’histoire.

On peut travailler dans l’ombre sans que son œuvre disparaisse.

On peut connaître le silence sans que la promesse soit annulée.

Certains pensent déjà avoir gagné

Aujourd’hui, certains compatriotes sont convaincus que l’heure est venue pour eux.

Ils se préparent.

Ils communiquent.

Ils occupent l’espace.

Ils revendiquent leur place.

Ils ont déjà imaginé les honneurs, les titres, les cérémonies et les applaudissements.

Mais une question demeure :

Et si ceux qui pensent être les premiers n’étaient pas ceux que l’histoire a retenus ?

L’honneur véritable ne se conquiert pas uniquement par la visibilité.

Il ne se fabrique pas par la gesticulation.

Il ne dépend pas du bruit que l’on produit aujourd’hui.

Car certaines décisions ont été prises longtemps avant que le public ne commence à en parler.

Le silence n’est pas l’oubli

Il faut parfois apprendre à comprendre le silence.

Quand on ne parle pas, cela ne signifie pas que l’on ne voit pas.

Quand on ne répond pas, cela ne signifie pas que l’on ignore.

Quand une personne disparaît momentanément de l’espace public, cela ne signifie pas que son histoire a été abandonnée.

Le silence peut être une période d’observation.

Mais il peut aussi être une période de transformation.

Pendant le silence, certains talents se révèlent.

Certains caractères se forgent.

Certaines vocations naissent.

Certaines personnes découvrent enfin ce qu’elles portent en elles.

Le silence devient alors une école.

Il prépare le réveil des talents.

Chaque citoyen laisse une trace

Aucun parcours n’est totalement invisible.

Chaque citoyen laisse une trace dans la société.

Nos paroles, nos décisions, nos engagements, nos sacrifices et nos œuvres finissent toujours par constituer une histoire.

Nous pouvons oublier.

La société peut oublier.

Mais l’histoire, elle, possède une étrange capacité à revenir chercher ce qui avait été laissé de côté.

C’est pourquoi il faut rester prudent devant les apparences.

Celui qui est silencieux aujourd’hui n’est peut-être pas absent.

Celui qui travaille loin des projecteurs n’est peut-être pas oublié.

Celui qui ne revendique rien aujourd’hui n’est peut-être pas exclu de la reconnaissance de demain.

La nuit du souvenir précède parfois l’aube

Avant que le jour ne se lève, il y a toujours une nuit.

Et avant que l’histoire ne rende hommage, il peut y avoir une nuit du souvenir.

Une période durant laquelle les actes sont examinés.

Les contributions sont rappelées.

Les engagements sont comparés.

Les fidélités sont mesurées.

Les œuvres sont replacées dans leur contexte.

Et lorsque cette mémoire collective se met en mouvement, les artifices deviennent secondaires.

Car l’histoire finit par poser une question simple :

Qui a réellement fait quoi ?

Nul ne peut éternellement retenir l’histoire

Certains se croient aujourd’hui suffisamment puissants pour contrôler les événements, les hommes et même la mémoire.

Mais aucune position n’est éternelle.

Les rapports de force changent.

Les hommes passent.

Les fonctions changent de mains.

Les certitudes s’effondrent.

Et parfois, ceux qui pensaient être intouchables découvrent que l’histoire possède son propre calendrier.

Ce qui doit arriver finit par trouver son chemin.

Le Cameroun se souvient

Le Cameroun est une nation jeune, mais son histoire est déjà riche de femmes et d’hommes qui ont servi, construit, créé, défendu, innové et contribué à son développement.

Certains sont connus. D’autres le sont moins. Certains ont reçu des distinctions. D’autres attendent encore que leur contribution soit pleinement reconnue. Mais aucune œuvre véritable ne disparaît complètement.

La reconnaissance peut tarder. Le souvenir peut être différé. Mais une promesse véritable ne perd pas nécessairement sa valeur avec le temps.

Le temps de l’honneur

Peut-être sommes-nous simplement à la veille d’un nouveau chapitre.

Un chapitre dans lequel certains noms vont ressurgir.

Des parcours vont être rappelés.

Des œuvres vont être reconnues.

Des enfants de la nation vont recevoir l’honneur qu’ils attendaient parfois depuis longtemps.

Et peut-être que certains de ceux qui s’agitent aujourd’hui découvriront que l’histoire avait déjà fait son choix.

Car l’honneur véritable ne dépend pas toujours de celui qui parle le plus fort.

Il revient parfois à celui qui a travaillé lorsque personne ne regardait.

À celui qui est resté fidèle lorsque la reconnaissance tardait.

À celui qui a continué à construire pendant le silence.

Le silence n’était donc pas la fin.

Il était peut-être la préparation.

Et maintenant, le temps du souvenir pourrait laisser place au temps de l’honneur.

Le Cameroun s’apprête peut-être à se souvenir de ses enfants.

Et lorsque la nation se souvient véritablement, personne ne peut éternellement empêcher l’histoire de parler.

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