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Yaoundé Mercredi 1erOctobre 2008 |
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Les noms historiques- Noms liés aux migrations Sous le terme « historique » nous regroupons tous les toponymes dont la vocation serait de fixer un évènement ou une situation sociale donnés. Cette qualification n’exclut pas que certains de ces noms renvoient également à la géographie dont nous avons fait état. En effet, le toponyme « historique » renvoie à un aspect très significatif, à savoir que les habitants de Yaoundé, après avoir vécu une situation déplorable ou louable à un endroit donné, la fixent dans leur mémoire en donnant à ce milieu, un nom symbolisant ladite situation. Dans le cadre de l’histoire ancienne de Yaoundé, certains toponymes tels que : Mimboman, Awae, Mvolyé, Obobogo entre autres sont révélateurs ; certains sont liés aux phénomènes migratoires des Beti, d’autres sont liés aux évènements mémorables réels ou fictifs qui reposent dans les récits fantastiques. |
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Yaoundé
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Origines des Noms des quartiers de Yaoundé Les noms liés aux migrations Ces noms prouvent que l’installation des peuples à Yaoundé s’est faite par des vagues migratoires. Les peuples originels de la localité ont été repoussés. Il semble que la région ait d’abord été habitée par les Bassa, chassés à leur tour par les Beti qui ont accueilli les blancs vers la fin du dix neuvième siècle. AWAE : En langue Ewondo, « Awae » signifie « repos ». Selon nos informateurs, le quartier Awae (NB : Mvog Mbi est situé à Awae) est situé à un endroit qui servait de repos aux populations anciennes après une longue marche. C’était donc un lieu de rassemblement, un carrefour, une étape transitoire en période de migrations. Ce nom révèle que les Beti , avant de se fixer ont connu de longues migrations, cette hypothèse avancée par la tradition orale a été confirmée par les données archéologiques qui, attestent que certaines populations de Yaoundé sont originelles, mais ont été progressivement rejointes par d’autres en provenance du Nord. Tous nos informateurs s’accordent pour reconnaître que, Awae était un lieu repos très célèbre. Cependant, ce qui échappe à la tradition orale est l’élément fondamental, le facteur, le facteur favorable qui a suscité ce lieu repos. Pourquoi les populations ont elles choisi Awae comme site repos plutôt qu’un autre ? Y avait-il des objets attrayants ? Y avait-il un point d’eau extraordinaire ?A partir de quelle période de l’histoire ce lieu a-t-il servi d’étape transitoire? A toutes ces questions, la tradition orale est restée muette. La seule précision que nous avons pu obtenir dans nos investigations en ce qui concerne la période est que : « Cela se passait après la traversée de la Sanaga jusqu’à l’arrivée des blancs ». De toutes les manières, nous pouvons supposer qu’Awae qui était un site repos pour les populations en mouvement, rassemblerait des facteurs favorables pour jouer un tel rôle. Nous supposons qu’on y avait construit des hangars ou des tentes ordinaires pour l’accueil des populations en déplacement. MIMBOMAN Nom très ancien, Mimboman semble avoir la même explication qu’Awae, à la différence que, ce lieu aurait servi d’accueil pour une installation non pas provisoire, mais plutôt définitive des populations. Alors qu’Awae serait une étape transitoire, le lieu dit Mimboman quant à lui, serait une étape finale aux dires de la tradition orale. Le nom « Mimboman » viendrait de deux termes « Min » préfixe qui signifie « les » ou « des », c’est la marque du pluriel, et « Boman » qui veut dire « arrivée »,ou « point final » ou « aboutissement ». Etymologiquement « Min-Boman » pourrait donc signifier « les arrivées», les rencontres définitives, ou « les installations des populations ». A en croire à la tradition orale, plusieurs peuples Beti d’origine diverses se seraient rencontrés dans cette localité et s’y sont installés de façon définitive. Parmi ces peuples, ceux qui s’y trouvent encore à l’heure actuelle sont : les Mvog Belinga, les Ehang, les Ba’aba, les Emombo, les Embouboun et d’autres groupes plus minuscules. Il y avait des peuples trouvés sur place et qui dit-on, ont disparu à cause des guerres. Ce que la tradition une fois de plus ne dit pas, c’est la date ou tout au moins la période approximative à laquelle ces peuples s’y sont rencontrés. Nous savons que cela se serait passé vers la deuxième moitié du dix neuvième siècle puisque Dugast affirme que : « Ils étaient encore en pleine migration lorsque l’occupation allemande les obligea à se fixer ». Il est donc évident que la fin de la migration marquant l’occupation ou la fixation définitive des peuples Beti au lieu dit Mimboman, a été provoquée par la colonisation de Yaoundé à la fin du dix neuvième siècle. MVOLYE Ce nom viendrait de l’expression Ewondo « Mvol ayé ». « Mvol » signifie « promesse » dans le sens de donner sa parole à quelqu’un ; « ayé » signifie « difficile », « dur », « compliqué ». « Mvol ayé » veut donc dire, tenir difficilement à sa parole, à ses promesses ; c’est aussi le fait de rembourser difficilement ses dettes. L’origine de ce toponyme est contenue dans les récits que nous avons recueillis sur le terrain. Voici les grands traits qui se dégagent de la tradition orale : « Dans le lieu dit Mvolyé aujourd’hui, il y aurait un chef qui aimait contracter des dettes en biens matériels et humains : chèvres, moutons, produits agricoles, produits de chasse, filles en guise de mariage(...) auprès des habitants voisins de son village et soumis à son autorité. Mais malgré ses promesses de rembourser, il y tenait difficilement. Il fallait toujours presser pour obtenir un remboursement. Il hébergerait parfois les gens venus demander le remboursement de leurs dettes, pendant des jours entiers et ne manquait jamais de raisons pour convaincre ses bailleurs car dit-on, il était un très bon parleur d’autant plus qu’il était « Zomeloa »(chef). Alors on a fini par le surnommer « Mvol ayé » et chaque fois que quelqu’un se rendait chez lui, il disait « Make a Mvol ayé » ce qui signifie « je vais batailler pour avoir le remboursement de ma dette ». C’est finalement cette anecdote qui est devenue le nom de tout son village désormais appelé « Mvolyé ». Ceci se passait bien longtemps avant l’arrivée des missionnaires ». A partir de ce récit intéressant et vraisemblable, nous pouvons supposer que les Beti de Yaoundé entretenaient entre eux, des échanges de biens et personnes avec possibilité d’échanger directement deux filles pour mariage entre deux familles après un consensus. Nous y reviendrons dans notre dernière partie. OBOBOGO L’origine du toponyme est lié à un homme appelé Etoundi Mbenty. Selon la tradition orale, cet homme, avait donné naissance à trois fils héritiers(l’on exclut les filles) : Essomba Mbia, Assiga Mbia et Bibougou Mbia. Ces trois fils et leur descendance, vont vivre de manière très renfermée dans leur village dans la brousse de Mvolyé. Certains informateurs disent qu’ils fuyaient les guerres fréquentes entre les peuples de leur village, d’autres disent que cette famille (Mvog Etoundi Mbenty) était constituée des avares, des gens qui ne voulaient pas partager leurs biens avec les autres populations ; bref la tradition orale ne se prononce pas assez clairement sur les raisons de ce retrait. Très rarement, ils effectuent des sorties hors de leur domicile refuge. Ainsi, ils vont rester cloîtrés dans leur petit coin. En Ewondo, cela se dit « Obogbo » c’est-à-dire, « se nicher », « vivre dans un nichoir ». Lorsque les visiteurs voulaient se rendre dans ce village nichoir, ils disaient qu’ils vont là où les gens vivent cloîtrés. En Ewondo, cela se dit « bod bebogo ». C’est de cette anecdote que serait issu le toponyme Obobogo qui existe bien longtemps avant l’arrivée des européens. A partir de ces phénomènes anecdotiques, nous pouvons supposer que les Beti de Yaoundé, au moment où arrivent les blancs, savent vivre en communauté et que ceux qui s’y retirent ou se distinguent négativement, sont bien identifiés et l’on leur attribue des noms symbolisant leur attitude asociale. La colonisation va respecter certains de ces noms en évitant de les changer. C’est ainsi qu’Obobogo , de même que Mvolyé sont des villages pré coloniaux qui ont conservé leur noms jusqu’à nos jours, contrairement à d’autres villages qui vont changer d’appellation pour prendre des noms liés au phénomène colonial. Ce travail est le fruit d’une collaboration avec Monsieur Dominique OBAMA, Professeur de Lycées et collèges d’enseignement secondaire général en service au CES de Yaoundé III. Pour plus de renseignements, vous pouvez le contacter à l’adresse suivante : OBAMA Dominique - PLEG- BP 6168 Yaoundé – Tel : 237 99 61 99 76 |
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