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Yaoundé Mercredi 8 Octobre 2008 |
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Les noms historiques Sous le terme « historique », nous regroupons tous les noms donnés en souvenir des Evènements historiques biens connus qui auraient particulièrement éprouvé les populations locales pendant la période coloniale. Notre attention portera sur les quartiers Etoa-Meki, Obili, Madagascar et Dakar qui ont chacun une explication digne d’intérêt. |
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Yaoundé
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ETOA-MEKI Ce toponyme signifie étymologiquement « marre de sang » car « Etoa » désigne la « portion » ou la « mare » et « Meki » veut dire « sang » en langue Ewondo. De toutes les versions qui expliquent l’origine de ce nom, il en ressort l’identification d’un lieu où il y a eu effusion de sang pendant la période coloniale allemande. Voici trois récits que nous avons recueillis sur le terrain et de source différentes : « Etoa Meki rappelle la mort sanglante d’un Mvog Ada nommé Onambélé Nku. Il est trahi par son cousin Omgba Nsi auprès des colonisateurs allemands. Ce dernier indique la cachette où il s’était réfugié. Onambélé Nku était recherché pour subversion contre l’administration coloniale. Un jour, alors que la femme du recherché se rendait dans la cachette pour lui donner à manger, les soldats allemands lui emboîtèrent le pas, tombèrent sur le pauvre réfugié et le décapitèrent impitoyablement. Le sang qui coulait abondamment de son corps, s’étala par terre et resta plusieurs jours sans disparaître. Ceci constitua une mare de sang que la population curieuse venait contempler. A ce lieu, on donna le nom d’ « Etoa Meki »(mare de sang) qui devient l’appellation de tout un village devenu aujourd’hui quartier » Le deuxième récit qui fait aussi allusion à une effusion de sang nous a été relaté de la manière suivante : « Vers 1906-1907, les Mvog Ada ,expropriés de leurs terres sont expulsés de leurs territoire( la colline administrative actuelle jusqu’au dispensaire de Messa), sont obligés de s’installer dans l’actuelle localité qui porte leur nom, ainsi que dans celle qui porte le nom Etoa Meki. Les Mvog Ada indignés, se décidèrent de chasser les allemands par des moyens mystiques. Ils auraient enfoui une tête de chèvre qui devait anéantir les colonisateurs. Mal leur en a pris, car, ils furent trahis par l’un de leurs frères qui dévoila le secret aux allemands. Alors, la réaction allemande a été aveugle ; toutes les personnes impliquées dans cette « affaire noire » ont été pendues et égorgées publiquement dans un endroit où resta une mare de sang d’où, le nom « Etoa Meki » La troisième version nous a été racontée en ces termes : « En 1907, les Mvog Ada étaient fâchés d’avoir perdu le prestige qui leur revenait, au profit d’un Mvog Atemengue(Charles Atangana). Les privilèges donnés à Charles Atangana devaient leur revenir dans la mesure où, c’est l’un des leurs nommé Essono Ela, qui avait offert le terrain aux allemands. Ils complotèrent pour empoisonner Charles Atangana. Mal leur en pris puisque le complot a été révélé et pour ce fait, six notables Mvog Ada furent égorgés publiquement. A cet endroit, il resta une mare de sang qui ne s’évaporait pas rapidement ». Faute de trancher au terme de ce récit, nous remarquons néanmoins que les trois versions pourraient bien être vraies sans s’exclure mutuellement, un évènement chevauchant un autre. En effet, le fait historique qui en ressort est que le nom Etoa Meki, est lié à une effusion de sang qui a eu lieu pendant la période coloniale allemande, bien que la tradition orale soit moins claire et moins précise sur l’origine et la manière dont se déroulés les évènements sanguinaires. OBILI L’explication du toponyme « Obili » est plus évident et ne fait l’ombre d’aucun doute dans la mesure où, tous les témoignages sont concordants. « Obili » vient de la déformation du terme français « Obligatoire ». C’est un nom né d’un évènement bien connu du temps colonial. Selon nos informateurs, c’est vers 1934 que les Mvog Atemengue, les Ndong et les Enveng ont été expropriés de leurs terres et déplacés « Obligatoirement » de leur village, basé sur la zone actuellement occupée par l’assemblée nationale et le camp militaire. Ceci pour satisfaire les intérêts coloniaux. Les populations précitées furent parquées au quartier actuel portant l’étiquette « Obili ». Pour s’y rendre, ils disaient qu’ils se déplacent « Obligatoirement » en Ewondo « Obili », d’où ce nom qu’ils ont gardé en souvenir . MADAGASCAR Madagascar et Dakar sont des noms importés. Madagascar, aux dires de nos informateurs, fait allusion à l’île de Madagascar située dans l’Océan Indien. Certains pensent que ce nom est d’origine coloniale en ce sens que ses promoteurs sont des tirailleurs provenant de l’île de Madagascar qui accompagnaient les colons dans leur exploration. Les colonisateurs auraient exproprié le terrain aux autochtones au lieu dit Azegue pour la construction d’un camp de fonctionnaires qui a d’abord abrité les travailleurs malgaches. Ce camp par rapport aux cases traditionnelles situées à son voisinage était « très bien construit et modernisé. C’était un îlot de bonheur dans un monde de misère » d’où le nom de l’île de Madagascar donné à cette construction « moderne ». Ce camp dit « lotissement des sources » dont la plupart des constructions étaient de type qualifié de « wagons de chemins de fer accolés » par Denis(J) a été la première réalisation de la S.I.C. en 1956. D’abord entaché d’erreurs psychologiques comme la constructions des cuisines communes, ce camp a été réaménagé avec des travaux d’infrastructures qui lui ont manqué au départ et ses appartements ont été vendus de nos jours aux particuliers. DAKAR Dakar est né dan les mêmes circonstances que Madagascar et a ipso facto, presque la même explication. C’est un nom qui aurait été importé d’Afrique Occidentale aux dires de nos informateurs. En effet, il semble que les français auraient gardé un bon souvenir d’Afrique Occidentale et particulièrement du Sénégal, si bien que les tirailleurs en provenance de cette région et accompagnant les colons auraient été installés dans un camp bien construit et « luxueux », à un endroit de la localité de Mvolyé. Mr Anguissa affirme que les français, pour avoir gardé de bons souvenirs du Sénégal, désignaient tous les noires par le nom de « Sénégalais ». Ce camp de fonctionnaires construit vers 1954, aujourd’hui modifié et dont les logements ont été vendus aux particuliers, aurait reçu le nom de Dakar en souvenir de la Capitale du Sénégal, cité moderne d’Afrique Occidentale. Notons que, pour l’origine « extérieure » des toponymes de Dakar et de Madagascar, si on peut faire foi aux sources orales en présumant certains faits, il serait néanmoins imprudent de les affirmer avec certitude. Car, le témoignage oral a été étalé une fois de plus ses limites en laissant certaines questions sans réponses : quel était le nombre tout au moins approximatif des tirailleurs de Dakar, de Madagascar ? quel était leur statut ? quel est l’activité qu’ils exerçaient au Cameroun ? que sont-ils devenus après la colonisation ? A toutes ces questions, la tradition orale a affirmé son ignorance. Nous pouvons supposer que les colons français ont donné les noms de Dakar et Madagascar aux camps des fonctionnaires qu’ils avaient construits respectivement à Mvolyé et à Messa-Azegue parce que ces constructions « luxueuses » auraient des ressemblances à celles qu’ils avaient laissées à Dakar au Sénégal et à Madagascar dans l’Océan Indien. Les colons français ne seraient donc pas en compagnie des tirailleurs sénégalais et malgaches uniquement. Ce travail est le fruit d’une collaboration avec Monsieur Dominique OBAMA, Professeur de Lycées et collèges d’enseignement secondaire général en service au CES de Yaoundé III. Pour plus de renseignements, vous pouvez le contacter à l’adresse suivante : OBAMA Dominique - PLEG- BP 6168 Yaoundé – Tel : 237 99 61 99 76
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